17/05/2014

Réflexologie plantaire, deuxième.

réflexologie plantaire,peurs,souvenirs d'enfanceMes pieds étaient de nouveau à sa disposition pour un massage profond.(1) Elle n'hésitait pas à presser fermement sur la plante de pied dans l'espace représentant les reins et la vessie. Elle entamait un livre, mon livre. Aux tensions correspondaient des émotions, des attitudes et elle me les proposait. Sous la peau de mon pied gauche, une zone résistante avait été mise à jour et selon son expérience, celle-ci renfermait de vieilles peurs. Curieusement des 4 émotions citées, la tristesse, la colère, la joie, la peur, seule cette dernière me faisait problème. Elle ne circulait pas, ne se manifestait pas. Je devais acquiescer, car je n'en gardai aucune trace dans ma mémoire, ni dans mes écritures. Cette émotion semblait inconnue au bataillon.

La réflexologue avait percé un de mes comportements et mis en face de cette réalité passée,encodée dans l'épaisseur de mon pied.

Était-ce cette peur qui m'avait sculpté au cours du temps ou dans l'enfance et qui m'avait poussé à me réfugier au plus profond de mon corps pour y faire une forteresse, un sanctuaire inviolable que l'on ne pouvait toucher. Elle décrivait aussi une attitude qui m'avait causé dans le passé bien des problèmes et qu'elle abordait par la limite. Mon image du corps n'occupait pas la place disponible, elle était en retrait de la peau, sa limite ultime.

Mon conflit de mitoyenneté revenait ainsi à la surface, je n'avais pas marqué mon territoire foncier par rapport à mon voisin en exigeant le respect des herbes de ma pelouse le long de la clôture, que plus d'une fois, il avait désherbé en dépassant le treillis limite. Alors que cela m'avait fait bouillir intérieurement, j'avais écrasé, pour ne pas envenimer un conflit déjà latent pour lequel il estait en justice contre moi.

Mon ego n'allait pas en surface de ma peau, il était en deçà, dans la retenue. Longtemps, j'avais été timoré passant au-dessus de problèmes manifestes pour ne pas faire des vagues.

Sur la plante de mes pieds en quelques pressions bien appuyées, elle m'avait percé et mis à nu cette attitude bien réelle.

Était-ce la peur de ne pas avoir raison, d'affronter l'intrus, le malappris qu'elle avait ressenti là, tout en dessous. Pour pointer de cette manière si juste, elle avait un talent certain et une bonne expertise. Elle s'y connaissait et n'apportait pas simplement du bien-être superficiel. Elle me poussait au fond des choses.

Était-ce ce savoir-faire qui avait tant étonné ma fille cadette qui était ressortie impressionnée de la séance que je lui avais offerte. Elle se proposait, enthousiaste, d'y retourner.

Le pied gauche était le théâtre principal, c'est de lui qu'elle s'occupait en priorité, après première séance d'approche et d'analyse des points douloureux de la paire. Sur la fiche qu'elle avait établie, elle notait parfois une réaction, un questionnement, sans doute pour tenir un fil rouge au cours des différentes séances.

Après l'échange sur la limite, elle me proposa comme à ma plus jeune une visualisation.

C'était d'imaginer un petit bonhomme qui se promenait dans mon corps. Elle conduisait la petite incursion intérieure. J'étais plus spectateur regardant mon corps sans réussir à y plonger, à l'explorer comme je l'aurais fait d'une grotte souterraine. Mon aptitude à la visualisation était limitée et je n'entrais pas vraiment dans l'exercice

Elle me proposa ensuite d'imaginer un endroit idéal où je me voyais relaxé, détendu. L'image d'une chaise longue sous les tilleuls en vacances était mon support mais je développais avec difficulté, l'espace que j'y occupais. Question de limites ? Est-ce que je pouvais occuper ces lieux tranquillement ? A peine, je ne jouais guère le jeu, par peur de l'inconnu, sans doute. Mes sensations sur l'espace vécu pendant les vacances y étaient reliées, j'y avais ressenti le plaisir de ne pas être confiné, d'ouvrir toutes grandes les pores de ma peau pour respirer l'espace.

Les différents sens étaient concernés dans l'exercice mais pour celui du goût, je n'avais guère perçu d'échos.

L'étape suivante était celle de l'animal totem. Dans mon endroit de rêve, je devais l'inviter à se manifester pour une rencontre. Rien ne se passa, même en l'appelant il ne se présenta pas, ni forme, ni objet non plus.

Sur le sommet des paupières, un champ de couleur lumineuse, se mit en place. La couleur était dans la palette du violet comme pour un coucher de soleil. Symbole d'une des couleurs associées aux chakras. Peut-être ? L'expérience n'était pas assez forte que pour tirer une conclusion nette.

Je restais sur ma faim à propos de cette visualisation qui avait été un succès complet pour ma fille qui avait rencontré son animal totem. J'étais sans doute trop dans le mental. Au début de la séance, la praticienne m'avait décrit comme une personne ouverte des pieds aux épaules mais pas au dessus. Un blocage se manifestait par une rigidité marquée comme si mon mental faisait barrage aux sensations de vie du corps. Cette image me reflétait, correspondait exactement  à ce que j'aurais dit de moi-même. Elle m'avait jaugé correctement.

La séance particulièrement longue se terminait. Il me fallait reprendre la route, reprendre mon activité. Rentré à la maison, je ne pu résister à la fatigue et je me couchais pour 2 bonnes heures.

Une autre séance apporterait sans doute son complément de sensations et d'images, un autre rendez-vous était à prendre.

(1) Réflexologie plantaire.

15/09/2012

Festival vapeur.

traction vapeur,souvenirs d'enfance,héritage,souvenirsEn mai, en route pour la ville voisine, le long de la voie ferrée, j'avais croisé une locomotive à vapeur. Image surréaliste, saut dans le temps. Le choc avait été rude, une page de mon enfance me passait sous le nez. Je n'en revenais pas, un demi-siècle déjà, peut-être même plus que je n'avais été confronté à un tel spectacle. L'image avait réveillé l'envie de retrouver les sensations enfouies dans les brumes de ma mémoire. Il me fallait transmettre à nos petits-enfants, cet aspect du passé.

Des passionnés entretenaient encore quelques machines sur une ligne mise hors service dans les Ardennes. Il fallait la retrouver, participer à cette ambiance que l'on ne retrouve plus que dans les anciens films, dans les western et la conquête de l'Ouest.

Cette année, c'était le 20e anniversaire de leur association. Le bon moment pour y participer. Selon les informations plusieurs machines seraient présentes. Pour mes enfants, je n'avais pas fait de démarches, le moindre effort pour leur ouvrir cette tranche du passé. Je ne pouvais laisser passer l'occasion. Pour mes petits-enfants, je me devais de le faire et leur faire connaître cette ambiance. En août, quand j'attends au calme sur la terrasse, la tombée de la nuit, je revis les soirées passées au village. Dans le lointain, une locomotive à vapeur actionnait son sifflet. Elle allait pénétrer dans le tunnel du village voisin et lançait un long avertissement sonore. « Garez-vous, j'arrive ! ». Puis le trafic s'est arrêté comme sur beaucoup de lignes. La traction diesel à remplacé la traction vapeur, et la technique a disparu avec toutes ses émotions, ses souvenirs.

Dimanche prochain, nous seront là pour le train de 13h40.

L'ambiance est festive. A proximité du quai une machine est stationnée, fumante, bruyante. Un train arrive, son panache de fumée noire enfume tout le quai. L’odeur est particulière. Les sensations m’envahissent.

Mon petit monde me suit à travers les festivaliers qui viennent de descendre.

D’un coup bref le sifflet annonce le départ imminent, un jet de vapeur crée un son caractéristique, saisissant strident. Mes petits-enfants sursautent, moi aussi. Les tiroirs vapeur des pistons à l'avant laissent surgir de petits panaches blancs. La machine frémit dans toutes ses soudures. Elle ahane, tousse, ralenti. Impossible de décrire la magie du moment. Les bruits ramènent l'expérience de sensations passées. Je revis cet univers sonore. L'odeur du charbon brûlé s'y mêle.

Que de fois, n’ai-je pas entendu ces bruits à l’âge de mes petits-enfants.

Un ou 2 voyages ont suffi pour imprimer ces sons qui par magie se déroulent sur le quai de cette petite gare maintenant. La joie de la découverte m'envahit j’entraine la tribu sur le train du quai 2 qui accepte encore des voyageurs.

L'ambiance efface mon âge, mes soucis. Vite dans le wagon de tête même si c'est un de premières. ici il n'y a pas de distinction. Les vitres s'ouvrent encore largement vers le bas avec une poignée. De petites plaques rappellent les consignes de sécurité. « E pericoloso sporgersi » est rempli du même mystère. Que de fois n'ai-je pas répété cette traduction de « Ne pas se pencher sur la voie ».  Les sièges de velours rouge sont tous occupés. Nous restons debout

Les vibrations me rappellent le passé, bien plus inconfortable que le roulement feutré des trains actuels. L’on entend nettement les bruits saccadés des roues aux joints des rails. Les boggies sont anciens usés sans doute bruyant comme avant. Comme il fait chaud toutes les fenêtres sont ouvertes, au passage d'un tunnel la fumée remplie de cendres envahit le wagon, fait cligner les yeux. La locomotive trop ancienne crache plus une fumée noire que blanche. Elle se  rabat sur le train. La fumée transporte des cendres qui se collent sur la peau du visage. Des petits grains frappent la peau. Un des enfants prend une poussière dans l'oeil. Ma fille infirmière s'en occupe, rapidement.

Les sensations se succèdent à un rythme effréné. La vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat. Tous les sens sont concernés. Chaque domaine à son propre code, la pression, le vent dans les cheveux,la décoration désuète des compartiments, la fumée qui va et qui vient. L'impression d'être dans le voyage et non dans un espace clos d'un wagon climatisé actuel. Au passage dans un tunnel, c'est comme si l'on était dans la cheminée, tout est ouvert, la poussière de charbon brûlé nous envahit. La lumière n'est pas allumée, il fait noir. Seuls les bruits nous indiquent la nature de voyage. Nos repères ont disparu. Les enfants se sont tus, s’interrogent inquiets. Heureusement au bout du tunnel, la lumière revient. Je me sens nerveux excité. Je revis d'anciens voyages. Les chocs saccadés des roues sur la voie,  le vent qui anime l'espace du compartiment. Tous mes pores sont ouverts pour retrouver d'anciennes sensations. Le moment est intense magique. Seront-ils impressionnés marqués. Il faudra refaire une autre expérience. Comment comparer quelques dizaines de minutes aux nombreux trajets faits dans ces équipements.

Nous y avons été c'est essentiel

Retrouverais-je ce goût du passé la prochaine fois ?