25/03/2010

Confidences

maternage,amour maternel,toux caverneuse,vide intérieurLe système familial semblait être en ébullition suite à l’approche qu’en faisait la plus jeune à propos de la nourriture, de sa relation à celle-ci. Coté mère, c’était la toux caverneuse qui s’était mise en route comme pour apporter sa contribution à la gilde des mères. Cette toux qui m’avait tant ébranlée quand elle frappait mon aînée vers ses 10 ans, j’en retrouvais les fondements chez le fils de la plus jeune qui était venu passer deux jours à la maison au congé de carnaval.


Champs morphogéniques

C’était ma conviction intime, cette relation mystérieuse entre nous, clarifiée par les recherches de Ruppert Sheldrake et ses champs morphogéniques, ces champs de communication subtile entre personnes d’une même famille.
Comme les enfants de l’aînée n’étaient pas passés pour les vacances, je m’étais rendu chez eux pour assurer le mercredi suivant la garde du plus jeune pendant que la mère s’occupait des activités des plus âgés.
D’habitude le temps de présence se déroulait formellement dans le quotidien des choses et parfois même dans un affrontement subtil, vindicatif parfois qui me mettait sur le tapis, groggy, blessé par les flèches qu’elle me décrochait verbalement, sans préavis. Cette fois, l’atmosphère était bien différente, elle était au bout, épuisée par ses tâches professionnelles, mais surtout par le stress et la perspective de son projet professionnel qui devait s’arrêter vu l’absence de rentabilité immédiate. Cette fragilité l’avait amenée, à une prise de conscience sur sa manière de vivre, sur la course éperdue qu’elle menait dans son quotidien. Son agitation n’avait qu’un but, éviter l’angoisse, qui l’a hantait depuis son adolescence et qu’elle retrouvait intacte dans cette période de vie. Ses migraines longtemps disparues, avaient refait surface, l’épuisant comme à son adolescence.
En quelques mots pleins de lucidité, elle me dressait la synthèse de ses observations, sur elle-même, ce vide intérieur qu’elle voulait remplir par une hyperactivité venait de la lignée maternelle, un manque profond de maternage émotionnel. Si elle avait reçu tous les soins qu’il fallait, elle n’avait pas ressenti l’assurance d’amour inconditionnel de sa mère. Elle n’avait pas été touchée suffisamment et sans réserve dans son enfance. Est ce aussi la rupture de la clavicule qu’elle avait subie, suite à une bousculade lors d’un emportement de sa mère, qui l’avait traumatisée ?

Germaine, le retour.

Dans son quotidien d’enfant, était apparu le fantôme, celui de l’absence de Germaine. La part chaleureuse d’une mère présente assurant sa sécurité fondamentale ne lui avait pas été transmise par la lignée des mères car Germaine était décédée jeune, laissant son aînée, sa grand-mère, orpheline et solitaire, froide, éteinte. Ses condisciples aux guides lui avaient d’ailleurs donné le totem de « Lézard au soleil ». Elle avait arrêté de vivre au départ de sa mère morte d’une bronchite infectieuse quand elle avait 6 ans et depuis elle n’avait plus vécu que par la chaleur des autres. Ce manque, ce vide profond ressentit et transmis ne pouvait être comblé que par une femme maternante autre que sa mère car celle-ci n’avait fait que fuir le manque et abandonné toutes les tentatives commencées de thérapie. Elle s’obstinait à combler par un appétit compulsif du matin par un régime de l’après-midi et balançait dans un évitement systématique d’une solution.
La constellation familiale qui avait tenter de la remettre dans une lignée maternelle affectueuse par l’accolade de cinq femmes qui l’entouraient, s’était dilué dans le déni au lieu de passer par la catharsys.
N’en parlons plus dit-elle, je vais perdre mon contrôle et ce n’est pas le moment, l’émotion va me submerger.
Il ne servait a rien de poursuivre l’échange.
La chaîne d’amour de la lignée des mères, présentait son coté blessé et ce n’était qu’une autre mère qui pourrait, après l’acceptation de la transaction, apporter le baume guérisseur.